Homophobie et santé gay

Comme beaucoup le savent peut-être ou pas, aujourd’hui, mardi 17 mai, c’est la Journée Mondiale de Lutte contre l’Homophobie et la Transphobie. Quel rapport avec la santé me diras-tu ?


Et bien car la santé ne se restreint pas à la seule intégrité physique… mais elle dépend aussi de l’environnement social des personnes, ce pourquoi l’homophobie qui entoure beaucoup d’entre nous peut influer sur nos comportements, notre épanouissement, notre santé quoi !


Nous sommes en 2011 et lorsqu’on est homosexuel(le) il ne nous est pas possible de se promener librement dans les rues ou tout autre lieu public en se tenant par la main, ou de s’embrasser, comme n’importe quel autre couple, sans avoir des regards dégoutés en notre direction, des remarques désobligeantes, des insultes homophobes, voire même des agressions physiques.


D’après une récente enquête ifop, sur les 10 dernières années, près d’un homosexuel sur deux (48%) a déjà été agressé verbalement en tant qu’homosexuel et près d’un sur quatre (24%) a été victime d’une agression physique homophobe ! Ok ça n’arrive pas non plus souvent, mais pourquoi ?


Personnellement si je subis rarement ces exactions, c’est uniquement parce que mon copain est pudique (comme il dit), et qu’on évite de se tenir la main dans un cercle autre que privé, et qu’on s’embrasse encore moins devant des inconnus.


Ça m’est franchement pesant à vivre et ça me révolte de ne pas pouvoir être qui je suis au grand jour. Ça me rend jaloux de tous ces couples hétéros qui peuvent se communiquer de l’affection sans même penser qu’on pourrait le leur reprocher.


Je pense qu’en ne reconnaissant pas les mêmes droits à tous les citoyens, qu’ils soient homos ou hétéros, comme le mariage ou l’adoption pour les couples de même sexe, l’Etat se rend complice de l’homophobie latente de la société.


Alors même que la France était en avance par rapport à tous les pays européens sur le PACS, elle est aujourd’hui bien en retard, en étant une des dernières à ne pas autoriser le mariage civil pour les couples homosexuels.


Quel est donc le message de notre République envoyé à tous les jeunes découvrant leur sexualité et s’apercevant qu’ils n’ont pas les mêmes droits et qu’ils sont comme des « sous-citoyens » ?


Quelle estime d’eux peuvent-ils avoir ?


Alors que l’épidémie de Sida est toujours bien présente chez les gays, avec 10 à 15% d’entre nous qui sont porteurs du VIH, comment peut-on prendre correctement soin de notre santé quand on est discriminés ?


A côté de Lyon, en mars dernier, un de mes amis s’est fait barbarement violé par deux jeunes hommes homophobes de 22 et 26 ans. Franchement, comment les mecs ayant des relations sexuelles avec d’autres mecs (MSM), qu’ils soient gays, bis ou hétéros curieux, peuvent-ils correctement penser à se protéger lorsqu’ils fréquentent des lieux de drague extérieurs, s’ils craignent à tout moment de pouvoir subir une agression physique ?


Lutter contre l’homophobie c’est aussi lutter contre le VIH !!!

Et ce n’est pas tout ce que l’on peut hélas déplorer… Aujourd’hui nous observons encore 13 fois plus de suicides chez les jeunes homosexuels que chez les autres jeunes, et 2/3 des parents rejettent leurs enfants en apprenant leur homosexualité.


Que fait le gouvernement ? Les homos, bis, trans se voient refuser des emplois, logements, services etc. uniquement à cause de leur orientation sexuelle.


Mais visiblement ça n’a pas tant d’intérêt que ça lorsque l’on voit que notre très cher gouvernement n’en a rien à faire de renvoyer des sans-papier homosexuels, comme Abdou à Grenoble, dans leur pays sans chercher à savoir si leur vie y est en danger ou pas là-bas, alors même que 93 pays condamnent l’homosexualité, dont 7 à la peine de mort !!!


Je ne peux que vous inciter tous à participer à des actions et évènements organisés dans vos villes respectives pour lutter contre l’homophobie et la transphobie aujourd’hui et les autres jours, dans la mesure du possible, car je sais que ce n’est pas facile à faire.


Ne pas laisser passer certaines paroles fâcheuses, et signaler tout acte homophobe à SOS Homophobie via leur site internet.


Je pense que c’est important, surtout à l’heure où nous pouvons tous ressentir la montée de l’extrême droite, avec par exemple sur Grenoble, où je vis, un candidat du Front National photographié faisant le salut nazi ; où les homosexuel(le)s sont considérés par une élue UMP de Fontaine (ville dans l’agglomération grenobloise) comme des personnes n’étant pas « normales », puis pas « ordinaires » après rectification dans la presse ; à l’heure encore où des responsables politiques avec un écho national osent toujours considérer l’homosexualité comme une déviance sexuelle et osent même la comparer à la zoophilie ou à la pédophilie !


Par contre, on pourrait penser trop rapidement que l’homophobie est un attribut uniquement hétérosexuel, alors que beaucoup de discriminations que nous subissons proviennent aussi de nos pairs.


Ce n’est pas parce qu’on est homosexuel qu’on ne peut pas être homophobe… Trop folle ? Trop séropo ? Trop camionneuse ? Trop vieux ? Trop lesbienne ? Trop bear ? Trop imberbe ? Trop gros ? Trop Trans ? Trop bi ? Trop à faire des plans cul à tout va ? Et alors j’ai envie de dire… ?


Qu’importe, on n’est pas obligé d’aimer tout le monde bien heureusement, mais l’espèce humaine ne peut survivre que parce qu’il y a de la diversité, alors apprenons simplement tous à vivre ensemble en respectant tout un chacun… !


Quelle légitimité et crédibilité ont les LGBT à vouloir faire cesser l’homophobie des autres alors même que beaucoup se stigmatisent entre eux ?!

Et toi t’en penses quoi ?

Jonathan 

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Internet, tu clic et tu niques ? Des rencontres quoi… !

Internet, tu clic et tu niques ? Des rencontres quoi… !

Il y a des tas de façon de se trouver un copain ou une copine… en tant que gay, la plupart de mes mecs je les ai rencontrés via internet, sur des chats ou sites de rencontres.

Je ne pense pas qu’il y ait UNE bonne manière pour trouver un mec avec qui ça va durer plus de quelques semaines, plus de quelques mois, ou quelques années. Mais puisque ce blog est là pour échanger entre nos pratiques, je vais essayer de vous livrer la mienne. Pour moi il y a différentes façons de chercher…

Perso j’ai une nette préférence pour la méthode suivante : chercher avant tout à faire des rencontres, sans préjuger de ce que ça donnera, et laisser les choses se faire, à la manière douce. Est-ce un coup de malchance ou pas, mais à chaque fois que j’étais en recherche active d’un copain, et qu’on a décidé tous les deux de ne chercher que du « sérieux » en se jurant fidélité jusqu’à la mort, ça n’a jamais vraiment duré.

Ça peut démarrer super bien, mais au bout d’un moment il y a de la lassitude, et l’amour que je pouvais ressentir retombe comme un soufflé. Je pense qu’une relation sérieuse ne se cherche pas, mais se construit à deux petit à petit.

C’est pourquoi j’ai préféré chercher à faire de simples rencontres. J’entends par là toutes sortes de rencontres, que ce soit pour boire un verre, un échange de regard puis de sourire dans une soirée, un plan cul d’un soir (ou d’un aprèm), un plan cul régulier, et de voir ce que ça donnerait… !

A chaque fois que ça a bien fonctionné et que j’ai vécu de supers moments avec des mecs, c’était quand je ne cherchais rien, et je ne me lamentais pas sur mon sort car j’étais célibataire et que je ne trouvais pas de mec assez bien pour moi.

L’avant dernier m’est tombé sur les bras un soir de fête de la musique en plein milieu d’une foule d’hétéros sur une scène de musique électro… mais ça n’a duré que le temps de l’été, je me suis lassé, son caractère ne me convenait pas sur le long terme. Ça a été très dur pour moi de le quitter car j’ai horreur de faire de la peine aux gens, mais il a bien fallu que je prenne mon courage à deux mains pour ne pas qu’il souffre plus, plus tard encore.

Et le dernier est arrivé juste après, alors que j’étais catégorique et que je ne désirais surtout pas me remettre en couple. On discutait depuis quelques temps sur un site internet de rencontre, puis msn, et lorsque j’ai vu ses photos j’ai tout de suite voulu coucher avec (oui ne vous fiez pas aux profils sans photo sur internet, ce ne sont pas forcément les plus moches !).

J’étais même allé chez lui dans l’optique de me le faire ! Et puis le contact est super bien passé. On s’est fréquentés petit à petit, sans rien se promettre, sans se prendre la tête, et au final, dans les faits on était en couple, donc on a du se faire à cette idée !

Donc pour ceux qui désirent se mettre en couple, perso ma recette c’est un peu de fun, le moins de prise de tête possible, des rencontres sous le signe du carpe diem, et avec un peu de chance… paf ! Ça fait des chokapiks ! ;o)

Et toi, quelles types de rencontres aimes-tu faire ? Comment t’y prends-tu ? Est-ce important pour toi de faire de nouvelles rencontres ?


Jonathan

L’art du lavement

(Attention cet article peut heurter les âmes sensibles et présente des informations relatives aux pratiques sexuelles)

Sommaire de l’article
Introduction
Être attentif à son système digestif
Le matériel
La technique
Le timing

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Introduction

Se faire sodomiser pour certains d’entre nous se prépare grâce au lavement. Tout un art, de la technique et un savoir que l’on façonne par la pratique, nous allons aborder ici comment vider son rectum avant la pénétration anale.

Je ne rentrerai pas dans les débats “quand on aime on s’en fou”, “on sait où on la met donc pas besoin”, “avec mon copain on fait le lavement ensemble et c’est très glamour” etc. Ici nous allons parler technique.

Pour faire un lavement, il faut le vouloir, en avoir envie, se sentir prêt à le faire.

Personnellement j’en fais systématiquement avant un rapport sexuel anal où je suis censé être passif – en plus d’éviter les désagréments hygiéniques qui, personnellement, me dérangent, faire un lavement m’aide en effet à me détendre et me sentir bien avant l’acte.

Il est conseillé de ne pas faire des lavements trop souvent au risque à la fois de détruire votre flore rectale et de perturber le rythme de votre système digestif.

Je vais être franc avec ceux qui n’en ont jamais fait : vous aurez beau lire autant d’articles que vous voudrez sur les lavements, il y a de fortes chances que vous en ratiez un certain nombre avant d’arriver à bien les faire. Car nous avons tous un corps différent et cela a une influence sur le lavement.

Alors on y va ???

Être attentif à son système digestif

Être à l’écoute de votre corps et en ce qui nous concerne ici, de votre système digestif, vous aidera donc à réussir vos lavements. Par exemple, essayez d’être attentif à votre digestion en vous posant les questions suivantes : quel lien y-a-t-il entre tels types d’aliments, la manière dont je les digère et dont mon corps s’en débarrasse ? A quel rythme et régularité est-ce que je digère et je vais aux selles ?

Il faut savoir par ailleurs qu’en mangeant, vous déclencher un réflexe digestif. C’est pour ça que personnellement, 15-20min avant de faire mon lavement je mange quelque chose de léger (un fruit, une barre de céréale) pour faciliter le lavement.

Vous verrez, rien qu’avec ces informations vous arriverez à l’avance à savoir si votre lavement se fera facilement, moins facilement, s’il y a de grandes chances que vous le loupiez voire tout simplement si ça vaut le coup d’en faire un !

Le matériel

Trois solutions :

  • La poire à lavement (1) : de différentes tailles il s’agit d’un récipient en plastique en forme de poire avec un embout qui se dévisse. L’eau s’insère en dévissant l’embout.
  • La canule de douche (2) : en pvc ou en métal, il s’agit d’un embout qui se visse à votre tuyaux de douche à la place du pommeau
  • Le sac à lavement (ou douche à lavement) (3) : il s’agit d’un sac que vous remplissez d’eau avec un tuyau et une canule

Personnellement j’ai une préférence pour la canule de douche car c’est plus facile d’utilisation, plus efficace et vous ne vous balancez pas de l’air dans le rectum quand y’a plus d’eau. Par ailleurs je vous conseille d’avoir un peu de gel lubrifiant avec vous pendant que vous faites le lavement, vous verrez par la suite pourquoi.

Vous trouverez ces ustensiles en sex-shop avec plein de tailles différentes en plus. En général c’est hors-de-prix mais c’est pas pour autant qu’il faut en acheter d’occasion ou emprunter ceux de vos potes : à chacun son matos pour éviter de se transmettre certaines bactéries ou virus.

Certains n’ayant rien sous la main ont d’ailleurs l’habitude d’utiliser leur embout de tuyau de douche en retirant le pommeau. Sachez d’une part que si vous ne nettoyez pas l’embout régulièrement il peut y avoir des bactérie et autres saletés et d’autre part si vous faites ça dans les saunas, hôtels, etc. soyez aussi conscients que si plusieurs personnes font la même chose il y a un risque de transmission de certaines IST.

Au sauna n’hésitez pas à demander des canules de douche jetable, parfois ils en ont lorsqu’ils ont un tuyau à disposition pour les lavements dans les toilettes.

La technique

1. Se détendre

Maintenant just relax! Respirez deux ou trois fois bien fort pour vous détendre et vous oxygéner 🙂

2. Régler la température de l’eau

Avant de commencer, réglez la température de l’eau pour que celle-ci soit tiède, ni chaude. Assurez vous d’être dans une salle de bain où la température n’est pas trop froide, la chaleur aidant vos muscles à se détendre vous aurez moins de mal à faire rentrer l’eau.

N’hésitez pas à passer un coup de savon sur votre matériel que vous aurez pris soin de nettoyer et désinfecter après la précédente utilisation.

3. Choisir une position

Vous pouvez vous mettre dans la position dans laquelle vous vous sentez le plus confortable. Allongé sur le dos les jambes relevées, à quatre pattes, accroupis voire même debout légèrement penché en avant.

Néanmoins avec une poire comme vous n’avez pas la pression du jet il faut vous mettre dans une position qui permette à l’eau de sortir facilement lorsque vous appuyez dessus. Pour le jet de la douche faites attention à ce que ce ne soit pas trop fort.

4. Insérer l’eau dans le rectum

Ensuite placez l’embout de la poire ou de la canule contre votre anus et faites rentrer l’eau. Au début il faut parfois faire rentrer l’embout à l’intérieur car vous avez du mal à vous détendre et votre sphincter (muscle) est contracté ne laissant pas passer l’eau. D’où l’intérêt d’avoir un peu de gel lubrifiant avec soi. Puis avec l’habitude vous verrez que la simple pression du jet suffit à ce que l’eau rentre !

Encore une fois je ne vais pas vous dire quelle quantité d’eau faire rentrer car vous verrez avec le temps ce qui vous correspond le plus. Mais un conseil: commencez par pas beaucoup puis augmentez petit à petit pour voir ce qui vous correspond !

Parfois sur internet vous trouverez des personnes qui disent ajouter de l’huile de paraffine à leur eau. Je vous déconseille d’insérer autre chose que de l’eau.

5. Vider immédiatement l’eau

Une fois l’eau à l’intérieur profitez de la pression pour aller vous vider immédiatement aux toilettes. Certains conseillent de garder l’eau quelques minutes, je le déconseille vivement car après vos muscles perdent le réflexe d’expulsion et c’est galère après car il faut forcer.

6. Réitérer sans acharnement jusqu’à ce que ce soit propre

Ensuite, vous pouvez refaire la « manœuvre » plusieurs fois jusqu’à ce que l’eau soit claire. Enfin ne vous acharnez pas, parfois y’a rien à faire, notamment selon certains aliments que vous avez mangés la veille (genre : épinards :D).

7. Vérifier que le lavement ait bien marché

Une fois votre lavement terminé, je vous conseille d’attendre genre 10-15mins de marcher un peu puis d’aller vous vider de nouveau pour expulser l’eau qui reste éventuellement. Vous pouvez le faire sous la douche accroupis.

Si vous en avez le courage, vous pouvez vous mettre un doigt avec un peu de salive, ça aide à dilater et faire couler l’eau qui reste. C’est aussi un bon moyen de vérifier que votre rectum soit bien vide (oui bon faut pas hésiter à aller profond avec votre doigt).

Durant cette dernière étape, l’eau qui ressort n’est pas forcément très propre parfois, si c’est juste un peu c’est pas trop grave et vous pouvez vous arrêtez là. Si au contraire c’est vraiment crade c’est que votre lavement n’a pas bien marché.

Le cas échéant, n’hésitez pas à le refaire mais encore une fois ne vous acharnez pas, parfois y’a pas moyen, ça ne marchera pas et à vous acharner vous risquez ensuite d’avoir des crampes douloureuses.

8. Nettoyer et désinfecter le matériel utilisé !

Tout est dans le titre 🙂 Des bactéries peuvent se développer sur vos ustensiles et les insérer dans le rectum peut être un risque d’infection.

Le timing

Personnellement je commence mon lavement une heure avant l’heure estimée de ma rencontre avec la personne. Ça me laisse le temps de le faire tranquillement pour me détendre et prendre mon temps pour qu’il soit bien fait. Certains le font juste avant, ce que je déconseille dans la mesure où il reste toujours un peu d’eau dans le rectum qu’il faut attendre un peu avant d’évacuer.

Après on ne peut pas toujours prévoir, lorsque l’on ramène quelqu’un chez soit après une soirée ou que l’on va chez le mec et que c’était pas prévu ! Auquel cas vous pouvez toujours prendre le risque de faire un lavement express 🙂

En général un lavement reste efficace quelques heures. Mais cela dépend aussi de quand vous avez pris votre dernier repas, ce que vous avez mangé, etc. Encore une fois, soyez à l’écoute de votre corps !

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Et vous comment faites-vous votre lavement ? Quelles sont les conseils que vous avez à donner ? Que pensez-vous de la technique décrite dans cet article ?

Vincent

« J’ai chopé un truc, tu devrais aller faire un test ! »

Étant gay il y a certains plaisirs auxquels t’es un peu plus habitués que les autres, comme recevoir ce genre de SMS d’un mec avec qui t’as baisé quelques jours avant :

« Slt c’est juste pour te dire que demain je vais à la clinique (1) j’ai chopé une infection. Tu devrais prendre rdv. Désolé. »

WooOooh putain…

Pendant quelques secondes je passe par les 5 phases décrites par Elisabeth Kübler-Ross :

  • le déni : « naan mais c’est bonnn. J’ai rien. Et t’façon j’ai une chance sur 1 trilliard d’choper quelque chose »

  • la colère : « rha… le salaud ! »

  • la négociation : « c’est ptêtre ça les ptits picotements. Ouais mais je suis assez psychosomatique en même temps… bon je vais attendre, continuer à baiser puis je verrai bien… nan mais faut mieux pas. Si j’ai chopé un truc je risque de le refiler. Je prends rendez-vous ou pas ? »

  • la dépression : « putain abstinence pendant plusieurs semaines !!!! no way ! »

  • l’acceptation : « hmmm y’a ptêtre des ptites bêtes dont il vaut mieux se débarrasser par là ! ».

… oui tout ça en quelques secondes (vous avez vu la psychologie de type PMU que je viens de faire ?)

C’est jamais un moment très agréable à vivre.

Et pourtant, après être passé par mes 5 phases, je m’empresse de lui répondre un truc rassurant du style « hey, merci de m’avoir prévenu, j’espère que tout ira bien pour toi ! Je prends rendez-vous rapidement à la clinique (1). On se tient au courant. Bises, V.  »

Oui parce que même si dans ma phase colère je me suis dit « rha le salaud », ce n’est pas ce que je pense dans le fond. Si le mec a chopé une infection et me l’a transmise, ce n’est pas franchement de sa faute. Et ça m’a gêné après-coup qu’il me dise « désolé ».

Ça me semble donc important, au contraire, de le rassurer et de l’inciter à continuer à communiquer avec moi.

Personne n’a à se sentir coupable d’avoir une IST (Infection Sexuellement Transmissible) et personne ne doit nous accuser de l’avoir refilée. Le truc de type « ah tiens jte refile ma chlamydia ptit con et j’espère qu’elle te rongera bien la bite » relève plus du mythe que de la réalité, non 🙂 ?

Après son rendez-vous à la clinique il s’avère qu’il a bien chopé quelque chose. Les tests doivent encore déterminer s’il s’agit d’une chlamydia ou d’une LGV (2).

En fait, je suis plus inquiet pour lui, car étant séropo, une IST, peut avoir des répercussions bien plus grave sur son organisme et être plus difficile à traiter. Heureusement il n’a pas attendu pour se rendre à la clinique de santé sexuelle.

Cette histoire me rappelle à quel point, pour beaucoup de mecs, il est difficile d’accepter que ses partenaires nous disent « j’ai une IST, je te l’ai peut être refilé » sans être en colère contre lui. Et qu’il est peut être encore plus difficile, nous même, à notre tour, d’en informer nos partenaires.

Pourtant c’est important de pouvoir en parler librement pour donner l’opportunité à nos partenaires de rencontrer un médecin, d’en parler, de se faire dépister et se soigner de l’infection en question s’ils ont été exposés à un risque de transmission (sauf VIH pour lequel on a pas encore trouvé de remède). D’autant que pour certaines IST comme les Chlamydias ou encore la Syphilis, une simple fellation sans préservatif peut être à l’origine de la transmission !

Bref je voulais avoir vos avis: en ce qui te concerne,  te sens-tu de l’annoncer à tes partenaires si t’as chopé une IST ? Si oui comment ? Et comment le prendrais-tu si l’un des mecs avec qui t’as baisé t’annonce qu’il en a chopé une ?

Vincent


  1. Il ne s’agit pas de cliniques privées mais des « sexual health clinics », l’équivalent de nos Centres de Dépistages Anonymes et Gratuits en France (enfin en un peu mieux…).

  2. Je ne suis pas médecin donc pour plus d’infos je ne peux que vous conseiller les pages suivantes sur la Chlamydia, la LGV et vous rappeler que rien ne vaut une consultation avec un médecin pour diagnostiquer une infection sexuellement transmissible ! Si vous n’avez pas envie d’aller voir votre généraliste, sachez qu’il existe dans toutes les villes de consultations anonymes et gratuites. Tapez « CDAG + le nom de la ville la plus proche » dans Google pour trouver leur adresse et numéro !

Existe-t-il une santé gay ?

Pour inaugurer notre blog, rien ne vaut un questionnement sur son existence même !

« C’est bien beau de vouloir parler de santé gay,
mais pensez-vous vraiment qu’il en existe une ?»

(Enquiquineur Anonyme)

Des corps ni plus ni moins différents des autres
Après tout, c’est vrai. Notre corps, en dehors de toute modification qu’on peut lui apporter, n’est pas influencé par notre orientation sexuelle dans sa formation, son fonctionnement ou son évolution.

A moins que certains arrivent à démontrer qu’il existe un gène de l’homosexualité, il n’y a donc à priori pas de différences dans l’approche du corps entre les homos et les autres.

Parler de santé gay alors même que l’on part du principe que notre orientation sexuelle ne détermine pas notre corps semble donc un peu paradoxal, n’est-ce pas ?

Un rapport particulier à notre santé
Mais si l’on regarde au delà des apparences. Que l’on décortique le rapport des gays à leur santé. Que l’on observe la récurrence plus élevée de certains petit soucis de santé ou de comportements par rapport au reste de la population, ainsi que les solutions et les solidarités envisagées comme réponse, on peut se dire alors, qu’en effet, il y a quelque chose de particulier au niveau de la santé des gays.

(Jonathan trouve que le paragraphe qui suit fait très « C’est pas sorcier »)

Campagne de lutte contre l'homophobie réalisée par l'association Le Refuge

Hmmm par exemples. Les gays seraient 5 fois plus nombreux a avoir tenté de se suicider par rapport à la population dans son ensemble, notamment à cause de l’homophobie dont ils sont victimes (1).

En ce qui concerne les Infection Sexuellement Transmissible, 40% des mecs ayant des rapports sexuels avec d’autres mecs disent en avoir attrapé une  dans leur vie et entre 12 et 15% seraient porteurs du VIH (Virus de l’Immunodefiscience Humaine), bien loin des 0,2-0.3% que l’on trouve dans la population dans son ensemble  (2).

Nous pourrions parler encore de  la consommation plus importante par les gays d’alcool et de drogues (3) ou de l’importance à la fête, de la construction des genres, et bien d’autres sujets qui nous laissent à penser que notre orientation sexuelle créée bien un rapport différent et particulier à notre santé en tant que gay.

Une communauté solidaire
Ce rapport implique des attentes particulières vis-à-vis des travailleurs en santé auxquels nous avons à faire (médecins, psy, associatifs, etc.) ; alors même que ce n’est pas forcément évident d’en parler ouvertement, par peur d’être jugé voire « dénoncé ».

Slogan historique d'Act Up New York créée en 1987 pour mobiliser par l'action directe les gays et l'opinion face à l'épidémie de VIH/Sida.

Pourtant l’expression de nos besoins et nos problématiques de santé est un élément clé pour prendre soin de nous et tendre vers notre bien-être.

Et les gays se distinguent aussi pour avoir su démontrer leur capacité à se soutenir et à se saisir des questions relatives à leur propre santé pour que, non seulement, leurs besoins spécifiques soient pris en compte et trouvent des réponses adaptées. Mais aussi afin d’en être les acteurs face à une société et des sciences qui ont longtemps cherchées à nous soigner d’une prétendue maladie qui n’en est pas une, notre homosexualité, ou qui nous ont blâmé tout autant pour qui nous sommes que pour les maux qui nous affectent parfois dans une plus grande mesure.

Parler de santé gay invite donc à voir au delà de notre corps à l’état brut, d’envisager les interactions entre notre bien-être, notre homosexualité en soi et sa place dans la société et les groupes auxquels nous appartenons.

Et toi, que penses-tu du concept de santé gay ?

J & V

(1) C’est pas nous qui l’disons c’est l’INVS (2007) qui l’dit
(2) C’est pas nous qui l’disons c’est l’Enquête Presse Gay (2004) qui l’dit
(3) C’est pas nous qui l’disons c’est l’Enquête Presse Gay (2004) qui l’dit