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L’injection chez les gays – « ça slam’ pour moi »

Rémy a 28 ans et vit en région parisienne. Depuis plusieurs mois maintenant, il « slam‘ » régulièrement. Cette pratique, qui semble se développer dans certains cercles gays des grandes métropoles, consiste à s’injecter des produits tels que la mephedrone, le 4-MEC voire de la cocaïne.

Slammer (de l’anglais, to slam/slamming) = s’injecter une drogue.

Visant à atteindre une désinhibition totale, le slam commence bien souvent dans un cadre sexuel ou festif. A la recherche de performances et de plaisirs intenses, la pratique fait pourtant plonger rapidement ceux qui s’y prêtent vers la dépendance. Celle-ci devient alors problématique. Santé, boulot, argent… La difficulté à se contrôler impacte directement la vie de ceux qui consomment.

D’abord initiés au cours de soirées entre slammeurs, le glissement vers une consommation en solo se fait en quelques  mois voire quelques semaines à peine. Le profil de ces gays injecteurs, que commencent à rencontrer certains médecins, n’a pourtant rien à voir avec ceux, plus stéréotypés, des toxicomanes – au style de vie alternatif et vivant en squat.

Que ce soit un phénomène en devenir ou une mode vouée à disparaître, Rémy a souhaité raconter son expérience. Un témoignage riche, pour que notre communauté, les associations et les médecins s’emparent de ces pratiques et s’organisent  face aux risques qu’elles représentent pour les slammeurs. En évitant de tomber dans l’écueil de la morale (« c’est mal », « mais que devient notre monde ? »), la question est clairement posée de savoir comment les gays, qui ont été le fer de lance du « safer sex », s’approprieront-ils désormais la culture de réduction des risques (RdR), liés à la consommation de produits ?

Témoignage recueilli par Jonathan

Comment en es-tu arrivé à « slammer » ?

Tout a commencé il y a quelques mois. Je parlais sur Internet à des mecs qui slammaient. Avant de se lancer, bien souvent il y a un passé dans la consommation de produits. On arrive pas au slam comme ça. Mais pour moi, c’était le stade à ne pas atteindre – je n’avais pas envie d’y aller.

Puis, plus j’en entendais parler, plus ça me faisait envie. Un peu comme un effet de mode. J’ai dédramatisé la pratique dans mon esprit. Tu sais, dans le slam il y a un peu le culte de la performance sexuelle, qui se mêle à l’envie d’aller toujours plus loin. En plus les mecs avec qui j’en parlais étaient plutôt mignons, me plaisaient et je me sentais vraiment à l’aise et en confiance. Alors j’ai eu envie d’y aller.

Comment s’est passé ton premier slam ?

Je me suis rendu chez un couple de mecs qui slammaient déjà. Avec internet, sur certains sites sur lesquels je suis inscrit, ce n’est pas bien compliqué à trouver. Quand tu vois marqué « chems++++ » (chems = ‘produits’ en anglais, ndlr) sur le profil d’un mec, ça ne fait pas trop de doute, pour moi, sur leurs pratiques.

Ce soir là je n’étais pas seul à m’initier. Il y avait un autre gars qui, comme moi, venait découvrir la pratique pour le première fois. Ça avait un côté rassurant de ne pas être le seul. On a bien discuté avant, puis on l’a fait. Comme je ne connaissais pas les gestes pour s’injecter, ils m’ont fait le slam. Pour qu’on évite de se partager les seringues et le matériel, on a pris une feuille de papier et tracé des colonnes avec nos noms dans lesquelles chacun avait son matos.

Quels sont les effets que ça procure ?

Une fois le slam fait, les effets se font vite ressentir. Ça me détend, je parle beaucoup plus facilement, je me sens détendu et très sociable. Je me sens bien et l’excitation est très forte. Tu peux alors baiser pendant des heures et des heures – de toute façon c’est presque impossible de jouir. Le niveau de plaisir est vraiment très intense.

Les sens sont aussi démultipliés 10x, 20x ! Un peu de lumière peut vite devenir éblouissant d’ailleurs. Le bruit est aussi gênant. Le plan se passe alors dans une grande pénombre et au calme.

N’y a-t’il pas des risques d’overdose ?

Les produits que j’utilise sont surtout le 4-MEC-Crystal ou la mephedrone – des cristaux que l’on fait fondre dans la cuillère avant de les injecter avec de l’eau stérile. Ce sont des produits qui sont moins à risque d’overdose, je crois. Pour le moment j’ai toujours refusé de m’injecter de la cocaïne – c’est une limite que j’essaie de ne pas franchir. Maintenant je sais que si je suis perché, au cours d’une soirée, et qu’on m’en propose, j’aurais peut être plus de mal à dire non.

Les prods’ que je prends sont des amphétamine. C’est coupe-faim et coupe-soif. Tu peux vites te déshydrater et assécher tes muqueuses. Je me sens souvent « desséché » quand je slam.

Tu me dis que le plan peut durer des heures, comment ça se passe ?

Le produit procure des effets pendant environs 1h/1h30. Au cours d’une nuit tu peux donc slammer près d’une dizaine de fois. Au bout de la 5e ou de la 6e, « l’effet de montée » ne se fait plus autant ressentir, me poussant alors à en prendre toujours plus. Le rapport au temps est totalement différent : tu peux avoir l’impression que 3h viennent de s’écouler, alors qu’en fait il s’en est passé beaucoup plus. Parfois j’ai même l’impression d’avoir des black-outs, je ne sais plus trop ce qui s’est passé.

Et comment gères-tu la descente ?

La descente n’est pas forcément dure, au début – et puis le pétard aide bien. Par contre les jours qui suivent sont difficiles à gérer, avec de gros coups de blues ou des envies soudaines de slammer de nouveau. Dans ces moments là je prends ma carte bancaire et je commande sur internet. C’est très facile de trouver mes prods. D’autant que plus tu commandes, moins c’est cher…

Comment ton rapport au slam a-t-il évolué, au fil des mois ?

En l’espace de 5 ou 6 mois, je suis passé d’un slam par mois à un voire plusieurs par semaine. L’addiction vient très vite. Une fois que j’ai commencé à stocker chez moi mon propre matériel et des prods’, j’ai commencé à pratiquer seul.

Quand je suis seul et que je m’ennuie, je peux me faire un slam. Je vais alors sur des sites de rencontre, histoire de trouver des mecs avec qui baiser. Ça peut durer longtemps… une fois j’ai passé trois jours non-stop à me branler, draguer, niker, slammer et ainsi de suite. Je suis incapable de dire combien de fois… Çà a duré au moins 12h… du moins c’est ce que je pensais. Ça avait en fait duré trois jours, durant lesquels je n’étais pas allé bossé…

Quel impacte cela-a-t-il sur ta vie quotidienne ?

En plus du rapport au temps qui devient complexe, je suis vite tombé dans l’engrenage du slam. Je claque beaucoup d’argent – rien qu’au mois de janvier entre les produits et parfois le taxi pour aller voir un dealer à l’autre bout de Paris, au milieu de la nuit, j’ai dépensé entre 450 et 500€. Voilà à quoi a servit mon 13e mois…

Je me sens souvent dans le bad. Pas d’humeur. Pas de motivation.

L’injection présente des risques somatiques (abcès) ou infectieux lorsqu’elle est pratiquée à plusieurs, comme pour l’hépatite C. Comment gères-tu ces risques ?

Quand j’ai commencé à slammer seul, je me suis défoncé le bras. J’avais juste vu cela sur les autres ou c’était toujours quelqu’un d’autre qui me le faisait. Le pire c’est que j’avais des notions de RdR (réduction des risques liés à l’injection, ndlr), mais voilà je ne savais pas comment mettre l’aiguille, quel angle d’entrée avoir, comment bien viser. Je me suis toujours injecté sur le bras gauche pour garder un bras sans dommage pour les prises de sang. J’ai bien essayé de regarder sur internet pour voir comment le faire, notamment sur le site d’ASUD (Association d’auto-support auprès des Usagers de Drogues, ndlr). Mais aujourd’hui ça devient de plus en plus difficile d’y arriver. Mes veines sont abîmées. Et crois moi, quand tu te loupes, que l’aiguille rate la veine, tu souffres. Et ça fait un abcès.

Il y a un vrai besoin d’être accompagné dans le slam. Pour apprendre les bons gestes, notamment avec d’autres mecs qui slamment eux aussi et qui savent bien faire.

Je fais toujours très attention à l’hygiène et à ne pas partager la seringue et le petit matériel (cuillère, filtre, coton, etc., ndlr). Quand on est plusieurs, chacun a un plateau avec son propre matos. Une fois je faisais une soirée avec un mec qui est porteur du virus de l’hépatite C. A un moment il s’est retourné et, sans faire exprès, m’a griffé avec l’aiguille. On a pas vu de sang et on a désinfecté très rapidement. Mais j’ai vraiment flippé car il n’y a pas de traitement d’urgence pour l’hépatite C. Lorsque je suis allé me faire dépister, j’ai vraiment eu très peur.

Justement comment abordes-tu cela avec les professionnels de santé ?

Au « 190 » (Centre de Santé sexuelle à Paris, ndlr) j’ai pu en parler assez facilement avec le médecin. Il n’avait pas forcément de conseils à donner mais m’a écouté. Il m’a dit rencontrer de plus en plus de mecs qui slamment et se contaminent à l’hépatite C. Il s’agit apparemment de profils totalement nouveaux – que les médecins ne voyaient pas avant. Ce n’est pas le tox avec ses chiens qui vit dans les squattes. Le contexte de ces personnes est totalement différent. Ce peut être le boulanger ou le fleuriste du coin venant consulter et qui découvrent qu’ils ont chopée l’hépatite C au cours d’une soirée à slammer. Et il y en a de tous les âges.

Et dans ton entourage, comment en parles-tu ?

J’ai une amie à qui j’en parle. Elle m’écoute et ça compte beaucoup. C’est important aussi de discuter avec d’autres personnes qui vivent la même chose, d’autres slammeurs.

Comment envisages-tu la suite ?

J’en ai marre du trash, de l’absence de contrôle et du sans limite. Je n’ai plus envie de rencontrer de nouvelles personnes qui slamment. Je veux juste me poser, rencontrer quelqu’un qui m’apporterait un cadre. C’est quand je suis seul, que je m’ennuie et cogite sur mon cadre de vie merdique que je slamme. Parce que ça m’aide à me sentir bien, je me défonce.

C’est en m’occupant, en étant avec des gens que je sortirai de cette spirale. Je veux arriver à me fixer des limites, pouvoir slammer, mais juste une fois de temps en temps en soirée, comme ça. Contrôler, ne plus être dans la dépendance physique.

Lorsque je m’occupe à autre chose pendant une longue période j’ai vraiment l’impression de revivre.

Mon expérience du traitement d’urgence contre le VIH

Bonjour tout le monde,

On parle beaucoup de « PrEP » en ce moment (Prophylaxis Pré-Exposition en anglais). Mais j’aimerais revenir un peu sur la bonne vieille « PEP » (Prophylaxis Post-Exposition), que l’on appelle plus communément le « traitement d’urgence ». Celui que l’on peut prendre après un risque d’exposition au VIH – et notamment après un rapport sexuel à risque (plus d’infos).

Récemment pas mal de monde est en effet venu m’aborder sur le sujet. Et ce avec une certaine inquiétude. C’est pourquoi je souhaite partager avec vous ma propre expérience de la prise d’un tel traitement il y a quelques temps. Histoire de rassurer, de rappeler que ce n’est pas anodin mais qu’il ne faut pas pour autant dramatiser.

L’important est de se dire qu’il n’y a pas de fatalité et que l’on est jamais seul dans tout ça.

 

Le contexte de la prise de risque

Après des semaines d’activité sexuelle intense sans manquer une seule fois de me protéger, une nuit à l’occasion d’un rapport sexuel, mon partenaire (occasionnel) et moi ne mettons pas de préservatif. Il ne s’agit en rien d’un accident de préservatif et je suis entièrement co-responsable de cet acte.

Nous sommes en plein milieu de la nuit et comme souvent dans ce genre de situation, je me retrouve bête. J’hésite vraiment sur le traitement d’urgence. Je prends donc mon joker coup de fil à un ami et décide de réveiller Jonathan pour qu’il me dise d’aller aux urgences en chercher un. J’avais juste besoin qu’une personne de confiance me dise « vas y ».

 

Les urgences

Je me présente tranquillement au guichet des urgences et ai simplement dit : « Bonjour, je viens pour un traitement d’urgence contre le VIH ». Le personnel de l’hôpital n’a pas besoin d’en savoir plus. Après une bonne heure d’attente, je suis reçus par un médecin. Je lui explique la situation et s’en suit une conversation assez ahurissante pour mes oreilles de militant Sida :

« il était séropositif ?
– je n’en sais rien. »

« vous avez saigné ?
– je n’en sais rien. »

« il a éjaculé en vous ?
– non. »

« bon, il y a un risque sur 4000.
– … »

Bien entendu cette estimation est une connerie monumentale qu’il a surement inventée pour me rassurer. Néanmoins la situation était suffisamment à risque pour que la décision soit prise d’initier un traitement (un pd qui se fait baiser sans capote et qui n’en sait pas plus sur son partenaire sexuel occasionnel, en général on hésitera pas une seule seconde). Étant néanmoins arrivé relativement tôt, rendez-vous est pris le lendemain au service infectio pour initier le traitement.

 

La consultation infectio

Je passe par le bureau des entrées où, malgré la gratuité du traitement, il faut que vous délivriez votre carte vitale et carte de mutuelle. Ce n’était pas anonyme, du coup. Et je ne sais pas si cette possibilité existe en France de pouvoir prescrire des traitements d’urgence de manière anonyme (à confirmer).

Je tombe ensuite sur un jeune (et bel) interne qui me pose un tas de question au cours d’un examen clinique, tant sur le risque que sur ma santé en général. Il a suivi scrupuleusement la procédure qui était détaillée dans son kit « AES » (Accident d’Exposition au Sang, c’est le terme qui sera utilisé pour vous délivrer un traitement d’urgence). Il me fait alors une ordonnance comprenant :

– la prise de deux médicaments utilisés dans le traitement du VIH (je reviendrai après dessus) ;
– la prise de médicaments limitant les effets secondaires liés à ces traitements, tels que les diarrhées et nausées ;

S’en suis une séance #prise de sang# pour faire un dépistage des principales IST et du VIH (oui parce que si vous êtes déjà infecté mais que vous ne le savez pas, inutile de prendre un traitement d’urgence, cela pourrait même mener à des complications).

J’ai eu le droit à une conversation originale avec l’interne en infectio :

« Bon courage. Mais la prochaine fois, hein, mettez un préservatif.
– Si c’était aussi simple que de le dire, je l’aurais fait !
– Vous voulez dire qu’on vous a forcé ?
– Non, non. Ce n’est pas ça. »

Je n’avais pas d’explication à donner à ma prise de risque, je ne la comprends pas moi-même sur le moment. Pour autant l’idée de penser que l’on me prenne pour un inconscient irresponsable me déplait. Mais là, je n’avais pas envie de débattre. Je suis allé prendre mes rendez-vous pour le suivi toutes les semaines et pars chercher le traitement en pharmacie hospitalière.

Et me voila avec 28 jours de traitements. Et une question en tête : « ou est-ce que je vais le commencer ? »

 

L’initiation du traitement

Je n’avais pas envie de rentrer chez moi où je vivais à l’époque chez mes parents. J’ai donc roulé avec ma vieille bicyclette jusqu’au lieu qui me semblait le plus approprié pour commencer à prendre un traitement : le local de l’association AIDES – où je milite. Certainement le seul endroit où tu peux t’assoir, déballer tes paquets de médoc, discuter de la météo, prendre les premiers cachets, sans que personne te fasse une tête de zombie en te regardant de travers.

Au contraire, j’ai trouvé auprès de mes amis militants beaucoup de soutien. Ils m’ont bien sûr demandé dans quel contexte ça s’est passé mais sans me dire « bon… Vincent, t’aurais quand même pu mettre une capote ». Si un jour cela vous arrive, n’oubliez jamais de compter sur vos amis et d’être dans un lieu où vous vous sentez à l’aise pour commencer le traitement !

Celui-ci se composait donc  :
– d’1 cachet de Truvada (Tenofovir+Emtricitabine) à prendre une fois par jour (la pilule bleue) ;
– de 2 cachets de Kaletra (Lopinavir boosté par Ritonavir) à prendre deux fois par jour (les pilules oranges) ;

Il s’agit d’antirétroviraux souvent utilisés dans le traitement des personnes séropositives pour contrôler le VIH. L’idée étant ici d’attaquer à forte dose le virus dès son entrée pour qu’il ne puisse s’installer (je vulgarise là…).

 

Les premiers effets secondaires

Mes amis ont été très gentils. Ils m’ont emmenés dans une brasserie histoire de me changer les idées. Ce qui était le bienvenu après plusieurs heures passées à l’hôpital, seul. Et le petit choc que ça me fait quand même de prendre un risque. Je n’aime pas ça. Je m’en veux et me sens faible de n’avoir pas su me contrôler sur le moment.

Le premier effet secondaire de la prise d’un traitement d’urgence, c’est bel et bien de vous faire réfléchir. Sur le pourquoi du comment. Qu’est-ce qui a fait que j’ai pris un risque ? Sur quels éléments je peux agir pour que ça ne se reproduise plus ?

Mais les effets sur l’organisme, eux non plus, ne se sont pas faits attendre. Je me suis senti très très fatigué dans les heures qui ont suivies la première prise. Je me suis tout simplement endormi… et au réveil j’ai eu le droit aux fameuses nausées et diarrhées.

« Mince… j’ai un rendez-vous dans une heure » + « mince je commence mon nouveau job… demain. »

Il va falloir apprendre à repérer où sont les chiottes où que vous alliez.

Fort heureusement les effets secondaires durent principalement les premiers jours et ont été relativement supportables. Et grâce aux médocs et au fait que mon corps s’habitue au traitement, ils s’estompent peu à peu. Chez certains c’est un peu psycho-somatique aussi les effets secondaires. La culpabilisation et la peur sont telles que le corps extériorise physiquement. Malgré mes questionnements, j’étais néanmoins zen.

 

Un mois avec un traitement

Pour mon premier jour de boulot j’ai dit à une collègue bien sympa que je prenais un traitement (sans entrer dans les détails) et que parfois j’aurais juste besoin de m’absenter 2/3mins, si elle pouvait me remplacer dans ces moments là.

J’en avais parlé à ma médecin du travail le matin même avant de commencer. Elle ne m’a donné aucun conseil sur la manière dont je pouvais en parler à ma chef ou les droits dont on dispose dans ces moments là. very useful…

Mais bizarrement les effets secondaires ne m’ont pas beaucoup perturbés quand j’étais au boulot. C’était soit le soir, soit le matin en me levant que je les subissais. Sinon, la journée, j’étais relativement tranquille.

Non le plus dur ça a vraiment été de prendre le traitement tous les jours. Au début ça va. Au bout d’une bonne dizaine de jour, chaque matin, je posais sur ma main les 3 cachets qui me paraissaient chaque jour encore plus gros que la veille. Je les fixais en me disant qu’il fallait que je les prenne. Mais en même temps ils me dégoûtaient.

J’en avais tellement pas envie que si je n’avais pas mis mon téléphone portable à sonner à 8h et à 18h chaque jour, je les aurais oublié la plupart du temps. Comme si mon esprit voulait refouler cette prise de traitement.

Pour moi les difficultés ont donc davantage été dans la tête que dans le corps.

 

La famille…

Vivant chez mes parents à l’époque, j’avais fait le choix de leur cacher. C’était sans compter que la mère est parfois curieuse… Et quand elle trouve quelque chose de suspect et qu’elle ne comprend pas… comme toute personne « connectée », elle va sur Google regarder ce que c’est.

http://www.google.fr => « Truvada » => premier résultat : « Truvada® est l’association fixe de deux médicaments antirétroviraux actifs contre le VIH »

Je ne veux même pas imaginer ce qui s’est passé dans sa tête, son cœur et ses tripes.

Je rentre tranquillement chez moi. L’heure du repas arrive. Je me doute bien sûr de rien. Discussion. Mon père parvient à amener sur la table le sujet du « Sida », comme il dit. Pas compliqué de parler de ça avec moi en même temps. Puis il dévie légèrement…

« Et comment on fait lorsqu’on a un fils qui a le « Sida »
Moi, naïf, pensant que la conversation se poursuivait, je réponds :
– Et bien il existe un certain nombre de structures de soutiens qui peuvent accompagner les parents et leur enfant ensemble pour que tout se passe bien.
– C’est quoi ces médicaments dans ta chambre ?

Silence.
Regard noir.

« Vous avez fouillé dans ma chambre ?
– La table de nuit était ouverte.
– Non, elle était fermée. Ce traitement est un traitement que l’on peut prendre après une prise de risque. Il sert à réduire le risque de contamination au VIH.
– Tu as pris un risque ?
– Oui.
– Ça existe vraiment ce genre de traitement ?
– Oui.
– Je n’y crois pas.
A la mère, un brin rassurée, d’intervenir :
– Mais puisqu’il te dit que c’est ça, il connait mieux que toi ! »

Bon vous l’aurez compris, c’est une expérience que je n’ai toujours pas digérée. J’ai pris le risque de cacher le traitement plutôt que de me prendre la tête à leur expliquer direct. Ça m’est retombé dessus… à chacun de faire le bon choix en fonction de son milieu familial. Mais c’est vrai que de le dire dès le début évite certains soucis…

Le suivi médical

Rendez vous avec mon joli interne chaque semaine, avec alternance entre prise de sang et rendu du résultat. Rien de spécial à ce niveau là.

J’ai perdu du poids. 2 ou 3kg… Ce qui n’est pas étonnant vu que les traitements et l’effet psychosomatique ont un sacré impact sur l’appétit.

Rien d’autre à signaler sinon… à la fin du traitement on demande de revenir dans trois mois pour faire un test de confirmation. J’irai faire cela au Royaume-Uni où j’ai découvert une approche bien différente de la santé sexuelle…

La réflexion…

Voilà, après de nombreux mois qui se sont écoulés je ne peux pas dire que j’ai vraiment tout compris sur cette prise de risque. Ça aura été ni la première ni la dernière mais la seule pour laquelle je décida d’aller prendre un traitement d’urgence.

En essayant de me pencher un peu dessus, j’ai trouvé certains points communs à chacune d’entre elles : un lit, le fait d’avoir déjà baisé avec la personne avant et une forte excitation souvent liée au précédent point. En gros j’ai beaucoup moins de chance de prendre un risque sexuel lors d’un gang bang trash bien pervers la nuit au milieu d’un bois que sur un lit douillet au chaud avec une personne que j’apprécie. D’où ma citation préférée en prévention : « le romantisme est facteur de risque ».

Le fait d’être à chaque fois dans une période où je ne me sens pas fort a peut être été le déclencheur. Quand je me sens bien de manière générale, j’arrive sans trop de problème à me dire : « ok, alors là t’es en train de prendre grave ton pied. Met la capote pour autant. » Et je le fais. Alors que quand je me sens moins bien, la négociation avec moi-même prends beaucoup plus de temps. Suffisamment parfois pour que l’autre ait pris sa décision avant moi d’y aller sans.

 

En conclusion ?

Prendre un traitement d’urgence n’a pas été anodin. Davantage pour ce qui s’est passé dans ma tête que du fait des effets secondaires sur mon corps. J’ai eu la chance d’être soutenu par mes amis. Soutenu explicitement et implicitement en me donnant la possibilité de parler librement de cela et de prendre mon traitement sous leurs yeux, sans être jugé.

Cette expérience m’a donné l’opportunité aussi de réfléchir sur ma santé sexuelle, mon rapport au risque et à la prévention. Et aujourd’hui, même s’il m’arrive toujours de prendre des risques, cela est beaucoup moins fréquent. Voire ça n’est pas arrivé depuis un sacré bout de temps malgré de grosses baisses de morales. Et cela je le dois à toutes ces heures passées à réfléchir sur ma santé, à l’exprimer librement et en discuter avec mes amis.

J’aurai bien aimé que le médecin infectio saisisse l’occasion du traitement pour aborder ces questions avec moi – mais il faut croire que tous ne sont pas à l’aise avec ce sujet. Ce qui est une vraie lacune en termes de prévention. Je n’ai pas besoin de conseils, juste qu’on me laisse la possibilité d’en parler et d’être écouté.

Voilà pour ma part…

Je comprends que certainEs, après avoir pris une fois un traitement d’urgence, ont encore plus de mal à faire la démarche d’en prendre un autre lors d’une nouvelle exposition à un risque. Si tel est votre cas, appelez un pote et demandez lui : « j’y vais ou pas ? ». Même si vous connaissez la réponse, au moins, vous n’êtes pas seul.

Pour les mauvaises langues, je ne pense pas que ça donne un « avant-goût » de ce qu’est la vie avec le VIH. Ici on parle de 28 jours seulement tout en étant à priori encore séronégatif… c’est incomparable.

 

Et vous, avez vous déjà pris un traitement d’urgence ? Comment ça s’est passé pour vous ?

 

Vincent

« C’est une mode, tous les jeunes veulent se faire baiser bareback »

Si jeunesse savait Je voudrais revenir sur discours que j’entends souvent chez les homos et notamment les aînés visant à dire que les jeunes ne se protègent plus, sont inconscients ou encore ne savent pas se protéger.

Déclarations qui ont lieu dans un contexte d’une épidémie du VIH qui frappe les gays sans commune mesure avec le reste de la population avec une mobilisation forte depuis les début des années 1980.

Alors oui c’est vrai, il y a des jeunes qui prennent des risques – il y a même une légère hausse des nouvelles infections au VIH chez les 15-25ans, certains ne se protègent pas voire ne savent pas comment se protéger. Néanmoins est-ce que cela est lié à leur jeunesse et une certaine inconscience ?

J’aimerais aborder avec vous ce sujet qui à mes yeux relève d’une forme de domination sur une génération sans vraiment de fondements et qui ne permet en rien d’expliquer que des personnes, qui s’avèrent être jeunes, prennent des risques.

Les jeunes, une catégorie qui ne veut rien dire

Personnellement je vois dans ce genre de discours une nouvelle tentative de dévalorisation d’une catégorie, en l’occurrence d’une génération, dans son ensemble.

Les jeunes ce sont comme les chômeurs, les immigrés, les vieux, les précaires, les riches, les paysans : des catégories que l’on créé et qui ne veulent absolument rien dire tant elles sont hétérogènes mais qui arrangent bien pour désigner un autre abstrait que l’on accuse de tous les maux que l’on veut.

Quel lien y-a-t’il entre un jeune né dans une famille bourgeoise parisienne un autre qui vit dans une citée défavorisée en province ou un jeune étudiant à l’université et un jeune qui a commencé à bosser à l’âge de 16 ans ? Pas grand chose.

Aussi cette catégorie « jeunes » ne veut absolument rien dire tant elle désigne des réalités bien différentes les unes des autres (dixit Robert Castel).

Argument de l’âge, argument de la sagesse ?

Mais il n’y a pas de raison après tout que les jeunes gays échappent aux multiples formes de domination classiques exercées par leurs aînés dans de nombreux autres domaines et depuis la nuit des temps.

Le fameux « Nous on a connu les années Noires du Sida ! » utilisé à profusion un peu comme d’autres diraient « Nous on a connu la guerre et les cartes de rationnement alors ferme ta gueule ! » ; ou comment détourner la mémoire afin de se mettre sur un piédestal !

L’autre jour j’ai rencontré un gars avec qui nous étions sur le point d’avoir un rapport sexuel (de baiser quoi). Celui-ci enfile un préservatif et l’air de rien déchire une nouvelle pochette et enfile un deuxième préservatif par dessus. Ce que je désignerai plus tard par le concept de surprotection 🙂 .

Lorsque j’ai essayé d’aborder avec lui le risque de déchirure que cela représentait avec le frottement des deux préservatifs l’un contre l’autre, sa seule réaction a été de me dire : « Quel âge as-tu ? Moi j’ai 40 ans, ça fait 20 ans que je fais ça ».

Utiliser l’argument de mon jeune âge pour se conforter dans sa propre stratégie de prévention, qui pourtant comportait un risque, voilà encore une tentative de rabaisser une personne en fonction de son appartenance à une génération plus jeune.

(pour répondre par avance à la question insolente de Paul Denton, oui je suis parti et il ne s’est rien passé de croustillant entre lui et moi)

Des jeunes prennent des risques, oui, mais pas parce qu’ils sont jeunes

Alors oui, il y a des jeunes qui ne savent pas grand chose et se protègent insuffisamment, c’est vrai. Ces jeunes avec Jonathan on en a rencontré pas mal par exemple en prison ou dans des centres de réinsertion pour élèves déscolarisés où la plupart viennent de quartiers très précaires.

Mais la cause n’était pas leur jeunesse… en prison il y avait aussi d’autres personnes d’autres générations qui ne savaient pas grand chose non plus. La cause de cela était bien plus l’accès quasi nul à la prévention ainsi que les représentations et pressions sociales fortes qui s’exercent dans le milieu dans lequel ils ont évolué depuis leur naissance.

En conclusion ?

Dire que les jeunes ne se protègent pas ou peu voire plus nie la réalité de milliers de jeunes qui se protègent tant bien que mal tout en ne permettant pas d’expliquer pourquoi certaines personnes prennent des risques, qu’elles soient jeunes ou moins jeunes.

C’est néanmoins souvent sur cette population que l’on projette une image erronée d’une mauvaise appropriation de la prévention, laissant par la sorte transparaître une certaine forme de domination générationnelle… un classique à ajouter à la longue liste des dominations de notre temps telles que hommes/femmes, blancs/non-blancs, parisien/provincial, riches/pauvres, LesbGay/BiTrans, cocaïne/héroïne, etc.

Le premier outil de prévention reste notre parole !

Et vous qu’en pensez-vous ?

Vincent

PS : ah oui au fait… la majeure partie des découvertes de séropositivité ont lieu entre 35 et 40 ans sur des infections ayant eu lieu dans les quelques mois ou années précédant le dépistage.

« J’ai chopé un truc, tu devrais aller faire un test ! »

Étant gay il y a certains plaisirs auxquels t’es un peu plus habitués que les autres, comme recevoir ce genre de SMS d’un mec avec qui t’as baisé quelques jours avant :

« Slt c’est juste pour te dire que demain je vais à la clinique (1) j’ai chopé une infection. Tu devrais prendre rdv. Désolé. »

WooOooh putain…

Pendant quelques secondes je passe par les 5 phases décrites par Elisabeth Kübler-Ross :

  • le déni : « naan mais c’est bonnn. J’ai rien. Et t’façon j’ai une chance sur 1 trilliard d’choper quelque chose »

  • la colère : « rha… le salaud ! »

  • la négociation : « c’est ptêtre ça les ptits picotements. Ouais mais je suis assez psychosomatique en même temps… bon je vais attendre, continuer à baiser puis je verrai bien… nan mais faut mieux pas. Si j’ai chopé un truc je risque de le refiler. Je prends rendez-vous ou pas ? »

  • la dépression : « putain abstinence pendant plusieurs semaines !!!! no way ! »

  • l’acceptation : « hmmm y’a ptêtre des ptites bêtes dont il vaut mieux se débarrasser par là ! ».

… oui tout ça en quelques secondes (vous avez vu la psychologie de type PMU que je viens de faire ?)

C’est jamais un moment très agréable à vivre.

Et pourtant, après être passé par mes 5 phases, je m’empresse de lui répondre un truc rassurant du style « hey, merci de m’avoir prévenu, j’espère que tout ira bien pour toi ! Je prends rendez-vous rapidement à la clinique (1). On se tient au courant. Bises, V.  »

Oui parce que même si dans ma phase colère je me suis dit « rha le salaud », ce n’est pas ce que je pense dans le fond. Si le mec a chopé une infection et me l’a transmise, ce n’est pas franchement de sa faute. Et ça m’a gêné après-coup qu’il me dise « désolé ».

Ça me semble donc important, au contraire, de le rassurer et de l’inciter à continuer à communiquer avec moi.

Personne n’a à se sentir coupable d’avoir une IST (Infection Sexuellement Transmissible) et personne ne doit nous accuser de l’avoir refilée. Le truc de type « ah tiens jte refile ma chlamydia ptit con et j’espère qu’elle te rongera bien la bite » relève plus du mythe que de la réalité, non 🙂 ?

Après son rendez-vous à la clinique il s’avère qu’il a bien chopé quelque chose. Les tests doivent encore déterminer s’il s’agit d’une chlamydia ou d’une LGV (2).

En fait, je suis plus inquiet pour lui, car étant séropo, une IST, peut avoir des répercussions bien plus grave sur son organisme et être plus difficile à traiter. Heureusement il n’a pas attendu pour se rendre à la clinique de santé sexuelle.

Cette histoire me rappelle à quel point, pour beaucoup de mecs, il est difficile d’accepter que ses partenaires nous disent « j’ai une IST, je te l’ai peut être refilé » sans être en colère contre lui. Et qu’il est peut être encore plus difficile, nous même, à notre tour, d’en informer nos partenaires.

Pourtant c’est important de pouvoir en parler librement pour donner l’opportunité à nos partenaires de rencontrer un médecin, d’en parler, de se faire dépister et se soigner de l’infection en question s’ils ont été exposés à un risque de transmission (sauf VIH pour lequel on a pas encore trouvé de remède). D’autant que pour certaines IST comme les Chlamydias ou encore la Syphilis, une simple fellation sans préservatif peut être à l’origine de la transmission !

Bref je voulais avoir vos avis: en ce qui te concerne,  te sens-tu de l’annoncer à tes partenaires si t’as chopé une IST ? Si oui comment ? Et comment le prendrais-tu si l’un des mecs avec qui t’as baisé t’annonce qu’il en a chopé une ?

Vincent


  1. Il ne s’agit pas de cliniques privées mais des « sexual health clinics », l’équivalent de nos Centres de Dépistages Anonymes et Gratuits en France (enfin en un peu mieux…).

  2. Je ne suis pas médecin donc pour plus d’infos je ne peux que vous conseiller les pages suivantes sur la Chlamydia, la LGV et vous rappeler que rien ne vaut une consultation avec un médecin pour diagnostiquer une infection sexuellement transmissible ! Si vous n’avez pas envie d’aller voir votre généraliste, sachez qu’il existe dans toutes les villes de consultations anonymes et gratuites. Tapez « CDAG + le nom de la ville la plus proche » dans Google pour trouver leur adresse et numéro !

Existe-t-il une santé gay ?

Pour inaugurer notre blog, rien ne vaut un questionnement sur son existence même !

« C’est bien beau de vouloir parler de santé gay,
mais pensez-vous vraiment qu’il en existe une ?»

(Enquiquineur Anonyme)

Des corps ni plus ni moins différents des autres
Après tout, c’est vrai. Notre corps, en dehors de toute modification qu’on peut lui apporter, n’est pas influencé par notre orientation sexuelle dans sa formation, son fonctionnement ou son évolution.

A moins que certains arrivent à démontrer qu’il existe un gène de l’homosexualité, il n’y a donc à priori pas de différences dans l’approche du corps entre les homos et les autres.

Parler de santé gay alors même que l’on part du principe que notre orientation sexuelle ne détermine pas notre corps semble donc un peu paradoxal, n’est-ce pas ?

Un rapport particulier à notre santé
Mais si l’on regarde au delà des apparences. Que l’on décortique le rapport des gays à leur santé. Que l’on observe la récurrence plus élevée de certains petit soucis de santé ou de comportements par rapport au reste de la population, ainsi que les solutions et les solidarités envisagées comme réponse, on peut se dire alors, qu’en effet, il y a quelque chose de particulier au niveau de la santé des gays.

(Jonathan trouve que le paragraphe qui suit fait très « C’est pas sorcier »)

Campagne de lutte contre l'homophobie réalisée par l'association Le Refuge

Hmmm par exemples. Les gays seraient 5 fois plus nombreux a avoir tenté de se suicider par rapport à la population dans son ensemble, notamment à cause de l’homophobie dont ils sont victimes (1).

En ce qui concerne les Infection Sexuellement Transmissible, 40% des mecs ayant des rapports sexuels avec d’autres mecs disent en avoir attrapé une  dans leur vie et entre 12 et 15% seraient porteurs du VIH (Virus de l’Immunodefiscience Humaine), bien loin des 0,2-0.3% que l’on trouve dans la population dans son ensemble  (2).

Nous pourrions parler encore de  la consommation plus importante par les gays d’alcool et de drogues (3) ou de l’importance à la fête, de la construction des genres, et bien d’autres sujets qui nous laissent à penser que notre orientation sexuelle créée bien un rapport différent et particulier à notre santé en tant que gay.

Une communauté solidaire
Ce rapport implique des attentes particulières vis-à-vis des travailleurs en santé auxquels nous avons à faire (médecins, psy, associatifs, etc.) ; alors même que ce n’est pas forcément évident d’en parler ouvertement, par peur d’être jugé voire « dénoncé ».

Slogan historique d'Act Up New York créée en 1987 pour mobiliser par l'action directe les gays et l'opinion face à l'épidémie de VIH/Sida.

Pourtant l’expression de nos besoins et nos problématiques de santé est un élément clé pour prendre soin de nous et tendre vers notre bien-être.

Et les gays se distinguent aussi pour avoir su démontrer leur capacité à se soutenir et à se saisir des questions relatives à leur propre santé pour que, non seulement, leurs besoins spécifiques soient pris en compte et trouvent des réponses adaptées. Mais aussi afin d’en être les acteurs face à une société et des sciences qui ont longtemps cherchées à nous soigner d’une prétendue maladie qui n’en est pas une, notre homosexualité, ou qui nous ont blâmé tout autant pour qui nous sommes que pour les maux qui nous affectent parfois dans une plus grande mesure.

Parler de santé gay invite donc à voir au delà de notre corps à l’état brut, d’envisager les interactions entre notre bien-être, notre homosexualité en soi et sa place dans la société et les groupes auxquels nous appartenons.

Et toi, que penses-tu du concept de santé gay ?

J & V

(1) C’est pas nous qui l’disons c’est l’INVS (2007) qui l’dit
(2) C’est pas nous qui l’disons c’est l’Enquête Presse Gay (2004) qui l’dit
(3) C’est pas nous qui l’disons c’est l’Enquête Presse Gay (2004) qui l’dit